Biodiversité alpine

Les mares d’altitude, des trésors de biodiversité méconnus

N’avez-vous pas déjà été émerveillé.e par la beauté des libellules virevoltant autour des mares de montagne ? Dans le contexte du déclin massif de la biodiversité, certaines de ces libellules, comme d’autres espèces, sont aujourd’hui menacées d’extinction. 

Publié le 23 févr. | Mis à jour le 24 févr.

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Marie est chargée de mission biodiversité et milieux aquatiques depuis 2006 à France Nature Environnement Haute-Savoie. Elle porte depuis 2021 le projet CIMaE sur les Alpes, consacré à l’écologie des mares alpines dans un contexte de changement climatique, et a soutenu sa thèse sur ce thème en mars 2025. Elle partage également son temps de travail au sein du laboratoire CARRTEL à l’Université Savoie Mont-Blanc, afin de poursuivre ce projet et d’y intégrer la biodiversité littorale des lacs d’altitude. Ses propos.

Je porte un projet qui se nomme CIMaE pour « Climatic Impact on Mountain aquatic Ecosystems ». Au travers de ce projet, je souhaite construire les fondements scientifiques pour comprendre les effets du changement climatique sur les espèces des mares et zones humides de nos montagnes. Entre autres, en étudiant les libellules, les amphibiens et les plantes, il a été constaté que l’assèchement des mares affecte la présence de 93 % des espèces, tandis que 83 % sont influencées par la distance entre les mares. Cela permettra dans un second temps de proposer et mettre en place des actions conservatoires efficaces pour renforcer les populations de ces espèces, menacées par le changement climatique.  

J’interagis avec les usagers de la montagne pour les sensibiliser à la beauté et à la fragilité de ces milieux et des espèces qu’ils abritent. Les usagers et les scientifiques travaillent ensuite de concert pour récolter de la donnée sur la localisation, l’hydrologie et la biodiversité des mares. En 2025, plus de 400 mares ont été inventoriées grâce à la science participative !

Dès 2026, nous allons continuer notre démarche et l’élargir par de l’acquisition de connaissances scientifiques sur des nouveaux sites pilotes sur d’autres espaces (massifs plus anciens, lacs alpins et marges glaciaires).  

Le projet CIMaE est une démarche participative de collecte de données au service de la science et de la préservation de la nature. Et pour ceux qui n’ont pas de connaissances particulières en faune et flore, le fait de renseigner la localisation des mares et leur niveau d’eau lors de balades en montagne peut nous aider à mieux comprendre comment ces milieux s’assèchent et à mieux protéger cette biodiversité unique.